Je reconnais participer à une conspiration : la conspiration des optimistes. Il y en a au Parti socialiste :
Ceux qui considèrent que les socialistes doivent apprendre à nouveau à parler de la France avec les Français, et que nous sommes capables de le faire sans tarder.
Ceux qui prétendent que le Parti socialiste n’est pas un cadavre renversé, mais un collectif politique capable de porter des idéaux magnifiques et un projet pour 2012.
Ceux qui souhaitent depuis des années un nouveau Parti socialiste et qui jugent qu’enfin le signal est donné aujourd’hui.
Ceux qui ne veulent plus dire c’est la faute des autres, mais qui retroussent leurs manches
Celles et ceux qui ne se laisseront pas détourner de cette route par les divisions d’un matin ou les diversions d’un jour, ni même par les blessures à l’honneur, qu’elles viennent du dehors ou parfois du dedans.
Pas de projet sans rénovation, et pas de rénovation sans projet.
Il n’y aura pas de projet sans rénovation. Nous n’en aurions ni l’enthousiasme, ni la force.
La rénovation sera une épreuve démocratique salutaire, un élixir pour dépasser ce que nous sommes.
La fin du cumul des mandats, pour qu’une nouvelle génération accède aux responsabilités, nous le demandons depuis 10 ans. Les primaires, pour tenter d’en finir avec le poison de la présidentialisation.
Là, il faudra une solide éthique collective pour en faire le tremplin de la victoire, et non pas l’émiettement de nos forces. La diversité, toujours vantée, jamais acquise. Ca doit valoir aussi aux élections régionales, comme bientôt, aux élections nationales. Mais je crois tout aussi sûrement qu’il n’y aura pas de rénovation sans projet.
Un PS affaibli, sans idées, ne saurait affronter les débats et les controverses des primaires.
Il faut donc un socle robuste, un socle de gauche, que nous partagions, entre nous bien sûr, mais avant tout avec les Français. Un PS sans orientations politiques, sans vertèbres, ne saurait contribuer à l’indispensable coalition gagnante en 2012. Oui, le projet cimentera les alliances. C’est pour nous, comme pour nos partenaires de la gauche, un préalable.
Sans projet, je connais le scénario : c’est la vente à la découpe du Parti socialiste.
Ou bien nous serons le pivot, et le moteur des idées dans la maison commune, Ou bien nous serons les marche-pieds des uns et des autres, ballotés, séduits au centre-droit ou attirés à l’extrême-gauche, écartelés et au total, de moins en moins nécessaires à la France. Ce n’est pas le destin du parti de Jaurès. Ce n’est pas notre destin. Rien ne nous conduit vers ce destin, sauf certains jours, nos paresses et nos faiblesses, si nous ne relevons pas le défi de produire un projet. Nous ne sommes pas en panne d’idées, nous étions en panne de volonté de les mettre en commun.
Voilà pourquoi nous devons, tous ici, donner le meilleur de nous-mêmes pour engager cette offensive de civilisation, car ce n’est pas pour la société un moment ordinaire.
La civilisation industrielle, venu du XIXème siècle, qui a inspiré tous les socialistes, ne sera pas reconduite au XXIème siècle sans des transformations majeures. Les grandes protections collectives, que la droite veut privatiser, ne survivront pas sans nos efforts pour réinventer l’action publique – et cela passe ces jours-ci par le financement de l’Assurance maladie et de la Sécurité sociale.
Voilà nos défis, ils ne sont pas médiocres. Serons-nous à la hauteur ?
Je le crois, et voilà comment nous nous engageons :
Dans un tour de France, pour dessiner avec les Français la société que nous voulons
La convention sur le nouveau modèle, pour reconstruire le pacte social, et forger nos réponses durables face à la crise et au choc écologique
Notre agenda vert, qui s’écrit avant et après Copenhague
Les chantiers de l’école républicaine, et pour la sauver, il faudra l’ouvrir et la faire évoluer.
Les états généraux de la culture, parce que les créateurs n’ont pas déserté la gauche, mais que nous leur devons comme aux Français, une grande politique culturelle
Je souhaite que le moment magique, fraternel, ce moment de politique placée à la bonne hauteur, que ce moment partagé à la Rochelle nous donne de la force et de l’imagination.
Regardez autour de vous, les Français ne nous demandent que cela, et à ce prix-là, nous pouvons très vite revenir dans leur cœur.
Christian PAUL
Les premiers engagements Christian PAUL rejoint le Parti socialiste dès septembre 1978, « (...)