HADOPI : PAS D’ETAT DE GRACE POUR FREDERIC MITTERRAND

Le 24 juin 2009

Le nouveau ministre de la Culture a hérité d’un cadeau empoisonné : la détestable loi Hadopi.

Avec Hadopi 1, le ministère de la Culture est devenu le ministère de la surveillance et de la punition. Il n’en est pas sorti grandi, et il est urgent de lui redonner sa mission de soutien des créateurs.

Le Conseil constitutionnel a heureusement censuré une loi liberticide et reconnu, grâce a la saisine des députés socialistes, un rôle essentiel à l’internet pour l’exercice des libertés d’expression et de communication. Avec Hadopi 2, présenté au Conseil des ministres ce matin, Nicolas Sarkozy confirme une obstination incroyable à refuser tout débat : Hadopi 2 est une provocation, un indécent passage en force, qui entretient une illusion sécuritaire auprès des artistes sans apporter un début de réponse au financement de la création.

Le nouveau ministre doit prendre la mesure de la révolution numérique, la saisir comme une chance et ne plus en faire un cauchemar.

Oui, l’internet et les internautes doivent financer la culture. Ouvrons ce chantier sans œillères, sans esprit de système et sans céder aux lobbys puissants qui rêvent de maitriser sans partage la diffusion de la culture. Le ministre doit choisir, au fond, entre la répression des internautes ou la rémunération des artistes. Il lui appartient, avec tous, d’imaginer et de défendre les nouveaux droits d’auteur dans la société numérique.

Homme de culture, probablement peu enclin à encourager la surveillance généralisée de l’internet, le nouveau ministre serait bien inspirée de proposer un « arrêt sur image », un moratoire, pour engager enfin avec tous la concertation qui a terriblement manqué. Vite, des Etats-généraux de la création à l’âge numérique, pour sortir de l’impasse Hadopi !

A l’évidence, il n’y a pas d’état de grâce, juste quelques heures pour réparer une erreur historique.

Christian PAUL, député de la Nièvre

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2 réactions à l'article

  • Voilà pourquoi je dis non à cette loi

    Au sujet de la fameuse loi hadopi, je me pose plusieurs questions. Le gouvernement a t-il consulté des experts réseaux télécom pour étudier la viabilité de cette solution ? D’un point vu technique il existe des moyens pour passer à travers les mailles du filet( Tunnel SSL par exemple)

    Peux t-on m’expliquer comment il souhaite mettre la solution technique pour pouvoir récuperer l’adresse IP du "pirate" et verifier le contenu qui est téléchargé.

    Créer des fonctionnaires qui seront chargés de faire de la délation ou encore payer une entreprise privé. Ceci va au contraire de la politique d’économie du gouvernement et ne règle pas le probleme de la rémunération de la création artistique. Un artiste ne touche que 7 à 10% sur un album vendu.

    Le gouvernement s’est il penché sur le faite que toute loi réprésive en matière de téléchargement est préjudiciable. Elle va renforcer des situations d’inégalités qui sont déjà existentes au niveau de l’accès à la culture entre les différentes couches de la société. D’ailleurs la grande réussite d’internet est d’avoir permis un développement de la culture et non l’inverse à travers le partage et la gratuité.

    Découverte de nouveaux artistes par des internautes et biensur ceci a permis a des majors de faire du profit. ( merci Myspace) De plus je doute que des gens pauvres irons au cinema à la place de télécharger .

    Pourquoi ne pas invité plutôt les majors a changé leurs modeles économiques. Ce que d’ailleurs font déjà certaines majors au USA en diffusant gratuitement série, film, et musique en se rémunèrant à travers de la pub qui se trouvent sur ces sites.

    Je pense que l’avenir n’est pas le téléchargement mais plutot l’acces au média en tout lieu et n’importe quand. L’augmentation des débits des accès internet à permis l’apparition de nombreux sites en streaming (Deezer, Hulu...) qui permettent d’avoir acces au média sans pour autant le posséder. Les majors pourront dire que ce n’est pas rentable, je doute quant on voit les gains par la pub des sites facebook, tweeter ou youtube.

    Enfin, petit message aux artistes qui sont dans le collectif pro-Hadopi, je vous prierai de ne pas tomber dans le panneau de cette loi pitoyable qui ne vous protège en rien. Rappelez-vous que sans publique vous n’aurez vraiment plus d’argent. Prenez exemple sur le groupe Radiohead qui a distribué son album gratuitement et a récuperé un million de livre anglaise en une dizaine de jour apres la sortie de l’album . Encore faut-il faire de la bonne musique.

    Rédigé par Ludovic le 25 juin 2009 à 17:13
  • exception francaise ?

    On nous prépare une autre faillite exceptionnelle (d’idées) ou l’exception de faillite habituelle ? Seule chose qui est sure, un tel aveuglement acharné de nos gouvernants est exceptionnel dans le monde actuel en mutation constante à pleine vitesse dans lequel nous vivons...

    D’où ils viennent tous ceux qui, après le DADVSI - inapplicable, inappliqué, veulent remettre une "deuxième couche"... aussi inapplicable et - aussi "a coté de la plaque"... aussi stupide, périmé, dépassé déjà au moment de sa naissance !

    Lamentable...

    Il convient de citer ici Jonathan Lamy, chief spokesperson de la RIAA, la puissante organisation de l’industrie d’enregistrement (éditeurs, commerçants-boutiquiers, donc pas des artistes...) américaine, qui a déclaré à TorrentFreak : "there is almost no DRM on (downloaded) music anymore nowadays".

    La RIAA a tout compris. Les promoteurs actuels de la HADOPI, qui sont les mêmes qui ont crée DADVSI, n’ont toujours rien compris. Un mois après le vote de DADVSI les majors et principaux distributeurs (américains, bien sur...) ont retiré les DRM si chers aux auteurs de DADVSI. L’industrie elle même a désavouée DADVSI, prouvant que ses promoteurs etaient singulièrement incompétents et coupés du "monde réel"...

    Ils vont être vite désavoues par les réalités du monde dans lequel nous vivons. Leurs idées se trouvent déjà dans la poubelle de l’histoire....

    Celui qui m’étonne le plus, la dedans, dans ce marécage, est Frédéric Mitterand. Un autre, un funeste-vaneste, oui ! Mais lui ?! Je comprends que le poste de Ministre de "Culture" peut être, - est - enviable... c’est un joli achèvement de carrière, couronnement d’une vie... Mais, pour l’avoir, se compromettre en collaborant à l’organisation d’un système de flickage, d’espionnage, de surveillance, de dénonciation de la vie privée des ses con-citoyens...un système répressif digne de Geheime Staatspolizei d’un sinistre souvenir ?

    Frédéric ! ressaisisse toi ! NON !

    Voir en ligne : DRM is ****, RIAA Says

    Rédigé par Artur G Piotrowski le 24 juillet 2009 à 02:50

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