Question d’actualité sur l’augmentation de la TVA

Assemblée nationale le 14 février 2012

Il faut savoir achever cette législature par des propositions à soumettre aux Français qui en décideront lors des prochaines élections, et non par les improvisations et les illusions que vous tentez de faire voter à l’arraché.

L’activisme brouillon du Président de la République qui invente une taxe par mois et un référendum par semaine n’a qu’un seul objectif : éviter le bilan, repousser l’heure des comptes et la sanction du suffrage universel.

Ce qui est particulièrement grave, dans le choix d’augmenter la TVA en France, c’est que vous allez à l’encontre des réalités économiques et des principes de justice.

Sur le pouvoir d’achat : Disons-le clairement, c’est une hausse d’impôts sur le consommateur, et sur les familles. Les plus modestes paieront davantage, c’est la marque de fabrique de ce gouvernement depuis son premier jour.

Comment pensez-vous un instant que la hausse de la TVA ne produira pas de hausse des prix ? Beaucoup des entreprises françaises sont fragiles, leurs marges sont étroites, elles répercuteront la hausse de TVA sur les consommateurs et engrangeront la baisse de cotisations patronales. Vous n’avez aucune garantie. Regardez les restaurants, où la baisse de TVA n’a pas provoqué de baisses de prix.

Sur l’emploi : Personne ne croit sérieusement que vous allez régler les problèmes de compétitivité avec la Chine.

Les économistes de tous les horizons convergent. En phase de récession, la hausse de la TVA, c’est l’horreur économique, car elle fait baisser la consommation sans aider dans la compétition. Non, la TVA n’est pas l’ami de l’emploi.

En revanche, des secteurs bénéficieront de véritables cadeaux. C’est vrai du secteur financier et bancaire, dont vous baissez les cotisations sociales, et qui n’est pas concerné par la hausse de la TVA.

Alors, notre engagement est clair, aux côtés de François Hollande : nous abrogerons cette hausse de la TVA si, aux forceps, vous trouviez ici une majorité pour la voter. On a vu hier soir que ce n’était pas une évidence, et qu’ il y avait, dans vos rangs, beaucoup d’absence ou de résistance.

Monsieur le Premier ministre, il n’y a pas de honte à terminer votre mandat. Mais il n’y aura ni honneur, ni courage à imposer cette ultime injustice. Vous avez encore quelques heures pour entendre notre appel à la raison.