Pour que la mémoire demeure à Clamecy

"On fleurit les tombes, on réchauffe le soldat inconnu.
Vous mes frères obscurs, personne ne vous nomme".

Léopold Sédar Senghor (Hosties noires, 1938)

Ce matin, 11 novembre à Clamecy, nous avons dévoilé une plaque qui révèle pour la première fois les noms des "43 fusillés", tirailleurs africains des troupes coloniales exécutés par des soldats allemands en juin 40 après une brève captivité. Le 11 novembre 1943, les résistants nivernais leur avaient rendu hommage. L’esprit des Insurgés de 1851 n’était pas éteint. Depuis, le temps effaçait le souvenir de ces morts anonymes. La République a eu trop souvent une mémoire sélective.

Grâce au très beau film de Mireille Hannon (qu’elle a montré aussi au Sénégal) et à cette liste enfin divulguée, les "43" ont enfin droit à l’Histoire.

Cette plaque de pierre porte, gravée, la phrase de Senghor, pourtant écrite quelques années avant et qui dit tout.

2 réactions à l'article

  • Pour que la mémoire demeure à Clamecy

    Je suis particulièrement sensibilisé de voir cette initiative et ce rappel à un devoir de mémoire pour le sacrifice des Français sub-saharien sur le territoire métropolitain, émanant d’un élu national socialiste au demeurant, de même sensibilité que la mienne.

    D"une part, ma première raison est lié à mon enfance et une proximité avec l’agrégé, avec le grammairien. Enfant, j’ai eu la chance -du fait de mes origines familiales -de cotoyer Léopold Sedar Senghor, sa femme et son fils. Son fils, était mon camarade de jeux lors des séjours du Président de la République du Sénégal, en Normandie. Lors des obsèques de Léopold, il y avait peu de camarades socialistes. Avaient-ils oublié que cet Homme, ce Serrer d’origine paysanne, était un des nôtres.Je ne le sais pas !!! Amnésie identique pour ces hommes venus d’ailleurs, tout particulièrement de l’Afrique tel : le Mali, la Mauritanie, le Sénégal, la Côte d’Ivoire... morts pour la France. Leur rendre cet hommage est singulier et honorable et il n’est pas certain qu’il en fût de même sur le territoire national. Sans tomber dans une forme de repentance, cette démarche me paraît noble.

    Ensuite, proche du courant NM/NPS-UMA- peu avant le congrès du Mans- ancien membre du CF, ancien secrétaire de section (2006-2012)- je n’ai pas souhaité représenter ma candidature sur mon territoire d’origine pour des raisons politiques et professionnelles. Ce faisant, la découverte de la Nièvre, la découverte de certain cantons me donne envie d’agir dans une équipe engagée sur des valeurs de gauche.Certes, je fais pas référence a la social- démocratie mais à l’esprit d’un idéal, forme de collectivisme au sens des familistères du début 19ème siècle. J’ai le sentiment d’avoir découvert, ici, en Nièvre quelque chose de majeur en teme de solidarité. Cette richesse démontre qu’une autre voie est possible.

    Je suis donc particulièrement satisfait d’avoir rencontrer Christian PAUL, élu national, sensible à la reconnaissance de ces hommes qui étaient des soldats français. Reste à la France de reconnaître les mêmes droits -autrement dit-l’égalité de traitement à ceux qui ont combattus sous nos couleurs, mais cela est un autre débat.

    Merci, Christian.
    Bien à toi.

    Rédigé par Jean-marie MENDY le 23 novembre 2012 à 01:11
  • Pour que la mémoire demeure à Clamecy

    Cette proximité avec l’agrégé et le grammairien ne vous a pourtant pas fait éviter cette hérésie qui m’a fait froid dans le dos : qualifier Christian Paul "d’élu national socialiste, sensibilité que vous partagez avec lui". Moi je n’aurais pas aimé, mais alors pas du tout....

    Et pour vous, il n’y a pas de quoi être fier non plus ;)

    Madame, Monsieur le modérateur, rendez vite à Monsieur le Député sa place d’élu national, socialiste. Voire d’élu socialiste au niveau national, ce qui sera beaucoup plus confortable pour les deux personnes concernées...

    Ce qui aura aussi le mérite de lever toute ambiguïté vis-à-vis des descendants de ces soldats coloniaux.

    Rédigé par Didier Nivac le 9 janvier 2013 à 00:40