Où sont passés les nôtres ? newsletter de la gauche durable #17

Brignoles n’est pas la France. Cette élection avait des raisons locales pour mal tourner. Elle donne néanmoins à la gauche une leçon brûlante : les nôtres ne sont pas venus.

Après le premier tour, la gauche a fait le job. Le front des républicains est plus que jamais nécessaire, il est plus que jamais insuffisant. En 2013, comme en 2017. La facilité paresseuse serait de se résigner au résultat d’un soir, au nom de la fatalité des scrutins intermédiaires et de la dureté de la situation sociale.

La facilité, la fatalité ou l’habileté ne sont pas de mise. Il est urgent à gauche de partager le diagnostic sur les motifs –pluriels- de l’abstention massive parmi les nôtres.

La gauche au pouvoir a le culte de l’équilibre, et personne ne saurait lui reprocher son sérieux, qui contraste avec la démagogie de Nicolas Sarkozy et de ses successeurs auto-proclamés. Mais notre électorat ne met pas le point d’équilibre là où le placent nos choix. Les électeurs de gauche ont une autre idée du possible.

L’égalité n’attendra pas la croissance. Cette affirmation que la Gauche durable porta dès l’origine et qu’elle a mis en débat cette semaine prend toute sa force. Dans le dialogue avec les Français, nous ne poussons pas vers de nouveaux déficits abyssaux, vers un surcroit de dettes irresponsables.

Mais à trajectoire constante ou presque, la répartition des efforts peut être modifiée pour apparaître réellement juste. Fiscalité, prélèvements, pouvoir d’achat, protections collectives : osons un discours clair, et des solutions qui incarnent nos valeurs. La combinaison des inégalités et des blocages pèse comme du plomb sur le pays. Les Français attendent davantage de radicalité, d’innovation et de détermination pour faire bouger un peuple qui redoute son déclin.

Si la gauche n’a pas pour elle la justice, l’égalité et la transformation, elle pousse à la désertion électorale. Les préalables de justice valent autant que les préalables de croissance. Le camp de la réforme –positive- doit retrouver ses marques.

Pour sortir avec les Français de cette terrible déprime démocratique, il faut des actes, mais aussi des messages sans ambiguïté. Alors, nous pourrons faire partager ce qu’il faut d’optimisme – nous en avons - pour que le redressement ne soit pas seulement un… beau slogan.

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