Nouvellement désigné par l’Assemblée nationale pour siéger au Conseil national du numérique, je réagis pour PC INpact

Interview : Christian Paul estime que le CNNum doit s’affranchir des tabous

http://www.pcinpact.com/news/78825-interview-christian-paul-estime-que-cnnum-doit-s-affranchir-tabous.htm

Christian Paul fait partie des deux députés désignés par le président de l’Assemblée nationale pour siéger au sein de la formation élargie du Conseil national du numérique. Il donne aujourd’hui à PC INpact une première réaction à cette nomination.

Député (PS) de la Nièvre depuis 1997, Christian Paul s’est illustré à plusieurs reprises pour son engagement dans différents dossiers « numériques ». Auteur de nombreux travaux tels que le rapport « Du droit et des libertés sur l’internet », remis à Lionel Jospin en 2000, il a par exemple déposé en 2010 une proposition de loi sur la neutralité du Net. Très actif lors des débats sur la loi Hadopi, l’élu avait très clairement milité lors de la campagne présidentielle pour une « abrogation de la loi et [la] suppression de l’autorité ».


Comment prenez-vous votre nomination au sein de la formation élargie du CNNum ?

C’est une belle opportunité de pouvoir participer à la préparation collective des grands choix politiques sur des sujets qui traversent la « grande transformation numérique » que nous vivons.

Il y a des urgences : la loi sur la neutralité, dans ses dimensions économiques et démocratiques, le déploiement du très haut débit, l’après-Hadopi, la nouvelle fiscalité à inventer, le soutien à l’innovation, les démarches d’ouverture et de partage des données, la protection de la vie privée, le droit du travail dans le monde numérique...

Ce sont de grandes controverses qui vont déterminer nos vies quotidiennes, nos libertés, et l’économie numérique.
Savez-vous comment et pourquoi le président de l’Assemblée nationale a porté son choix sur vous et Laure de la Raudière ?

Probablement en raison d’un engagement de longue date, depuis l’émergence de l’internet, dans le débat national, et une participation à quelques-unes des batailles sur la régulation (loi de confiance dans l’économie numérique, loi DADVSI et Hadopi, et plus récemment la neutralité du Net).

Il a également désigné une députée de l’opposition, très investie dans ce domaine. Le pluralisme est stimulant. Il peut y avoir des analyses partagées. Il y aura aussi des confrontations sans complaisance, car peu à peu, se dessinent les lignes de force, loin des consensus de façade.
Comment entendez-vous exercer votre rôle au sein de cette « formation élargie » du nouveau CNNum ?

C’est l’intérêt de ce Conseil de s’affranchir des tabous, de mixer des expériences et des trajectoires « hybrides ». Je souhaite qu’il sache tenir à l’écart les lobbys, nombreux dans ce secteur. Je connais nombre des membres de ce Conseil, qui ont beaucoup inspiré l’internet en France et ailleurs, et les usages du numérique.

Le numérique s’est développé autour d’un bien commun, le Net. Les principes originels sont un capital précieux, à préserver, car le réseau n’est pas à l’abri des privatisations et des prédations. Ces principes garantissent l’égalité d’accès, l’innovation, des écosystèmes fructueux. Je souhaite que le gouvernement et le Parlement soient à l’écoute, chacun étant dans son rôle.