Nous voterons cette réforme des retraites : mon explication de vote au nom du groupe des députés socialistes

Oui, il fallait sécuriser le système de retraites, parce qu’il était en danger, avec, en embuscade, le cortège des dérives insupportables, à commencer par le risque d’effondrement du système par répartition
Il fallait le rendre plus juste, parce que le principe de justice avait été largement oublié dans les réformes précédentes.
Il fallait démontrer, avec la réforme des retraites, comme dans la loi de financement de la sécurité sociale que, malgré la crise, malgré l’étau des contraintes, nous ne renonçons pas au progrès.
Le débat a été vif, comme il se doit. Mais vous n’êtes pas parvenu à en faire un sujet d’affrontement national.
C’est vrai, le système de retraites ne saurait à lui tout seul faire triompher l’égalité, et gagner du bien-être pour les retraités.
Aussi, nous saluons la confirmation par le Gouvernement d’une loi qui sera présentée dès le début 2014 en conseil des ministres, et qui aura pour objectif de favoriser l’autonomie et d’accompagner le vieillissement des Français.
Ainsi, la France tirera enfin toutes les conséquences de la révolution de l’âge, l’une des transformations les plus profondes de notre société.

Si elle ne garantissait pas le financement du régime général, la réforme des retraites serait une impasse. Les ressources nécessaires sont réunies ici. Mais cette réforme serait aussi une occasion manquée si elle ne partait pas des réalités de la vie au travail.

Avec ce texte, nous avons fait le choix de nouveaux progrès.
Nous décidons d’amortir et de compenser les chocs des carrières les plus heurtées.
Nous décidons d’apporter des améliorations à la situation des salariés les plus précaires, ceux dont on ne parlait pas assez dans cet hémicycle, oui, les plus précaires, et particulièrement les salariés à temps partiel , qui sont souvent des femmes.
Nous décidons de personnaliser le système de retraites, pour mieux répondre aux attentes, et aux carrières professionnelles réelles de chacun.

C’est très loin de l’individualisme, votre religion, qui préfère :
-  l’assurance privée comme modèle,
-  ou l’individualisation médicalisée comme remède aux incapacités, bien loin de la reconnaissance de la pénibilité

Il y aura donc dans cette loi des droits nouveaux. Ce sont autant d’avancées irréversibles, qui marqueront l’histoire sociale de notre pays :
-  d’abord, pour la prise en compte de la pénibilité, qui est la marque originale de cette loi, pour 20% du salariat.
-  pour la cause des femmes, que les retraites ont souvent oubliée.
-  pour la jeunesse qui s’est vue, pendant 10 sacrifiée à chaque étape, du CPE jusqu’à la dernière loi sur les retraites.
-  pour les personnes en situation de handicap, à qui nous devons une vraie reconnaissance.
-  et pour prolonger l’effort voulu par le gouvernement de Lionel Jospin en faveur des retraites agricoles.

Nous réaffirmons ainsi que notre société tient debout par la solidarité. Et nous nous réjouissons que, jusqu’à la dernière heure de ce débat, nous ayons pu trouver avec le gouvernement, avec l’ensemble des groupes de la majorité, des réponses concrètes pour améliorer la situation des retraités les plus pauvres :
-  qu’il s’agisse de doubler la revalorisation du niveau du minimum vieillesse,
-  ou de l’accès aux complémentaires santé pour les retraités.

C’était le souhait de toute la majorité, dans le prolongement des travaux de Christophe Sirugue sur la précarité. Notre groupe votera ce texte, parce qu’il ne se résume pas à une réforme structurelle au sens où l’entendent ceux qui maintiennent sur le salariat des pressions sans contrepartie.
Nous bâtissons un nouveau contrat social, un pacte républicain, à l’image de tous ceux qui ont marqué le XXème siècle : en 1910, 1945, 1981.
C’est dans cette ligné de lois sociales que nous allons voter une réforme de progrès.

A cet instant, nous pensons évidemment aux millions de français, aux millions de salariés, de femmes et d’hommes, qui dans les prochaines décennies, partiront à la retraite un an, souvent deux ans plus tôt, voire davantage, parce qu’ils auront travaillé plus durement. Si vous hésitez encore, pensez à eux.
Pour les députés du groupe SRC, le choix est fait. Nous voterons ce texte.