Les socialistes voteront la réforme des retraites : mon explication de vote au nom du groupe

Il fallait sécuriser le système de retraites, parce qu’il était en danger.
Il fallait le rendre plus juste, parce que ce principe avait été largement éconduit dans la réforme précédente

Oui, cette réforme tourne la page de votre réforme.
Pas par esprit de revanche, pas par dogmatisme, bien au contraire.
Mais par souci d’efficacité, par application de nos engagements, par respect de nos valeurs.
Non seulement parce que le financement du système par répartition n’était pas assuré. Mais parce que, malgré la crise, nous ne renonçons pas au progrès.

C’est vrai, le système de retraites ne saurait à lui tout seul faire gagner de l’égalité et du bien-être pour les retraités.
-  Nous attendons aussi de la réforme fiscale qu’elle concourt à combattre les injustices et à redonner du pouvoir d’achat aux plus fragiles. Le gouvernement s’y est engagé.
-  Nous saluons l’annonce hier matin par le Premier ministre d’une loi présentée dès 2014 ici même, et qui s’appellera « loi sur l’adaptation de la société français au vieillissement », sujet soigneusement écarté avant 2012.

Ainsi, la France tirera les conséquences de la révolution de l’âge.

Sans ressources nouvelles, la réforme des retraites serait une imposture. Les ressources sont réunies ici. Mais cette réforme serait aussi une occasion manquée si elle ne partait pas des réalités de la vie au travail.

Avec ce texte, nous décidons d’amortir les chocs des carrières discontinues, et de favoriser les choix, qui font que la vie au travail n’est pas uniforme.

Nous faisons le choix de personnaliser le système de retraites, pour mieux répondre aux attentes, et aux carrières professionnelles de chacun.

C’est très loin de l’individualisme, précédemment adulé, qui met en avant :
-  l’assurance privée comme modèle,
-  ou l’individualisation médicalisée comme remède.

Il y aura donc dans cette loi des droits nouveaux. Ce sont autant d’avancées irréversibles, qui marqueront l’histoire sociale de notre pays :
-  elles s’incarnent dans la prise en compte de la pénibilité, qui est la marque originale de cette loi.
-  elles répondent à la cause des femmes.
-  elles donnent à la jeunesse des motifs concrets pour ne pas se considérer comme sacrifiée, en valorisant les années d’apprentissage, d’études et de stages.
-  elles confèrent aux personnes en situation de handicap une reconnaissance nécessaire.
-  elles prolongent l’effort voulu par le gouvernement de Lionel Jospin pour le rattrapage en faveur des retraites agricoles.

Ces avancées, l’Assemblée nationale et notre rapporteur, Michel Issindou, les ont amplifiées.

Nous réaffirmons ainsi que notre société tient debout par la solidarité :
-  entre les générations
-  entre les femmes et les hommes
-  entre les branches professionnelles.
Notre groupe votera ce texte, pas simplement comme une réforme structurelle, mais comme une réforme de progrès.

En sachant qu’elle prendra place dans une ligné de lois sociales qui, de 1910 à 1982, furent combattues à chaque étape par les conservateurs. Parce qu’elles ne se contentaient pas d’offrir une réponse minimale, mais s’attachaient à corriger les injustices, les inégalités, les impensés.

A cet instant, je pense à ces millions de salariés français, des femmes et des hommes, qui dans les prochaines décennies, partiront à la retraite un an, souvent deux ans plus tôt, voire davantage, parce qu’ils auront travaillé plus durement. Pour eux, d’abord pour eux, nous aurons simplement fait notre devoir.