Le second choc

Ce second choc amplifie le premier, celui des élections municipales. L’Europe n’est pas seule en cause. En France, la colère a succédé à la déception. Des raisons de fond expliquent l’essentiel et le pire, l’abstention et le Front : une économie sans visibilité, une panne sociale, une société démobilisée ! La droite radicalisée est pour beaucoup dans la montée de l’extrême-droite. La jeunesse s’évade à force d’avenir volé.
L’Europe avançait à petit pas, mais avec un grand dessein. Depuis plus de dix ans, les néolibéraux et les conservateurs ont paralysé son but et son mouvement. L’Europe ne sera pas relancée sans une ambition historique. Celle-ci a cruellement manqué ces jours-ci dans notre pays, malgré l’ardeur de nos candidats
En France, pour gagner le combat contre le Front national, un changement d’équipe ne suffit pas, la gauche au pouvoir doit clairement agir autrement. Nous devons réorienter les politiques qui déçoivent et qui ne décollent pas.
Les trois prochaines années seront perdues si nous les affrontons les yeux fermés.
Représentants du peuple, nous prendrons nos responsabilités. Nous demanderons au président de la République un changement de politique. Les Français exigent de nous une vision, un projet efficace et juste, pas simplement de la gestion. Ils demandent du courage, pas seulement de la discipline.
Nous avons été élus pour redresser le pays avec tous, pour transformer les règles d’un système économique en perte de sens. Nous savons que l’attente reste forte, d’une gauche moderne, innovante, combative, solidaire, durable. Les Français n’ont pas changé, ils savent –encore- pourquoi ils nous ont élus en 2012.
Le Parlement doit enfin remplir sa mission. Devant les prochains choix à faire, il sera souverain.
Députés de la majorité, nous allons proposer, amender, faire voter des solutions qui gagnent en efficacité sans rien perdre en justice.
Nous demandons des soutiens plus ciblés à l’économie française, qui permettent de soutenir l’activité, sans étouffer la croissance en réduisant la demande.
Nous n’acceptons pas le gel des prestations sociales qui appauvrit des millions de Français, et qui plombe la consommation.
Nous souhaitons, au-delà des mesures fiscales récentes qui vont dans le bon sens, engager une réforme fiscale authentique.
Oui, c’est un second ébranlement. En deux mois, après le sinistre des municipales, voici le moment du populisme. Combien faudra-t-il de ces chocs pour que la gauche se ressaisisse, sans calcul de court terme, avec le devoir de réussir ? Pendant des mois, nous avons cherché l’antidote au doute. Il faut aujourd’hui trouver l’antidote à la déroute.