Le député PS Christian Paul appelle à un "nouveau compromis" avec les entreprises

Christian Paul appelle lundi à un "nouveau compromis français" avec les entreprises, qui devront, selon lui, créer des emplois massivement pour que le pacte de responsabilité proposé par François Hollande réussisse.

Dans un entretien à L’Opinion, cet animateur du collectif de parlementaires PS "la Gauche durable" estime que "les Français plébiscitent la recherche d’un compromis historique entre les entreprises et les salariés" et "c’est à ce nouveau compromis français qu’il faut s’atteler". "

Cela a commencé le 7 mai 2012 au matin. On n’est pas ces jours-ci devant une rupture, ni même un virage à 90 degrés", selon M. Paul. L’élu de la Nièvre pose des conditions pour que le pacte de responsabilité avec les entreprises réussisse : "qu’il y ait des contreparties explicites et massives en termes d’emplois, d’investissement, de performance sociale, avec la future loi sur la formation professionnelle", ce qui "ne peut pas être un copier-coller du CICE", le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi voté fin 2012.

Le député veut aussi "la poursuite, en parallèle, du chantier de la réforme fiscale, garant de la cohésion nationale, autour de l’exigence de justice". Il veut enfin "de la négociation collective et un débat au Parlement". "Rien ne serait pire qu’une absence de dialogue entre le président et sa majorité".

Selon Christian Paul, "la crise de compétitivité" que traverse la France a "une sérieuse parenté avec ce qu’avait connu la gauche en 1981", lorsqu’il y avait "déjà une crise du système productif" et qu’il était "nécessaire de favoriser à la fois l’investissement et l’emploi".

Interrogé sur les chances de voir Martine Aubry devenir Premier ministre, ce proche de la maire de Lille répond ressentir "combien l’exécutif depuis 18 mois doit jouer les pompiers" mais "le temps des pompiers ne dure pas toujours, il faut aussi le temps des architectes". "La gauche ne pourra pas aborder la deuxième moitié du quinquennat sans se donner des objectifs durables de transformation sociale, écologique. J’observe aussi une demande de renaissance démocratique", poursuit M. Paul, vice-président de l’association "Renaissance" fondée en décembre par Mme Aubry.