La pause ? Oui, pour faire rebondir la réforme fiscale ! Newsletter de la gauche durable #13

La droite, qui a méthodiquement naufragé les finances de la France, devrait se cantonner à un devoir de modestie quand vient le temps des budgets. La gauche au gouvernement a, pour sa part, quelques solides principes à mettre en œuvre.

- Le niveau objectif des prélèvements ne peut pas être le seul thème du débat national. L’élection de 2012 était porteuse d’un vivant message d’égalité. Il doit être réactivé. Nous ne préconisons pas un grand soir fiscal, mais un travail opiniâtre de reconquête de la justice. Les nombreuses mesures de justice fiscale déjà prises n’ont, cependant, pas épuisé la nécessité d’une "CSG progressive". Nous l’avons proposée en juillet. Telle que nous la concevons, cette nouvelle CSG (elle est aujourd’hui proportionnelle) doit permettre de redonner du pouvoir d’achat et de réduire les inégalités qui minent l’indispensable adhésion à l’impôt et à sa vertu redistributive.

- La forme facilite ou plombe la réforme. Faute de dessein d’ensemble, la méthode du salami, les fuites et le teasing fiscal quotidien inquiètent les français et nourrissent la mauvaise foi de l’opposition. Les dernières semaines sont au moins aussi anxiogènes que les moments où les décisions bien réelles se concrétisent. Les Français aspirent à une vision d’ensemble, qui garantisse les objectifs de la fiscalité, en lui donnant du sens, et pas seulement du rendement.

- Ainsi, la Tva ne doit pas frapper à l’aveugle. Nous demandons que des taux faibles (5%) s’appliquent aux rénovations thermiques, à la collecte des déchets et aux transports collectifs. Aux côtés d’une « composante carbone » pour notre fiscalité, nouveauté bienvenue dans le cadre du budget de l’Etat pour 2014, c’est par un tel verdissement de la fiscalité que les citoyens et les collectivités découvriront que l’écologie peut être populaire.

- Il sera beaucoup question d’économies dans les choix à venir. Si on veut ces économies sélectives comme l’affirme le Gouvernement, Bercy, à tous les étages, devra faire sa propre révolution culturelle. Il faut très vite apprendre à écouter tous les acteurs publics, innover pour transformer l’Etat, comprendre que le rationnement est souvent porteur de désordres autrement plus coûteux à moyen terme pour la collectivité nationale. C’est ce que le pays attend légitimement d’une alternance, après les dégâts de la RGPP.

La pause fiscale, pourquoi pas, si c’est le temps qu’il faut pour dessiner l’architecture d’une réforme juste des finances publiques… Dès cette semaine, nous plaiderons une nouvelle fois pour prendre ce chemin.

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