"L’essentiel reste à faire" : ma réaction suite à l’intervention de François Hollande

François Hollande a-t-il raison de vouloir « garder le cap » ?

CHRISTIAN PAUL. Pour moi, le bon cap à suivre, c’est lutter contre le chômage de masse, pour la jeunesse, et contre la prépondérance de la finance. Mais, là, j’ai plutôt eu le sentiment de voir un président qui s’accrochait et se mettait dans une position d’attente. Or, l’attente est terrible dans la situation que nous vivons. La question de l’impuissance politique est clairement posée même si elle remonte bien avant 2012.

Que restera-t-il de cette intervention ?

Il faudra plus qu’une émission le dimanche pour redonner le moral et l’élan aux Français. Elle a été efficace pour montrer les interventions régaliennes du président, comme la Défense. Mais elle a mis aussi François Hollande face à la situation du pays. A ce titre, le reportage dans le Pas-de-Calais (NDLR : sur des ex-électeurs PS qui votent désormais FN) est un retour à la réalité, celle d’une immense violence sociale.

Pas une fois l’expression « pouvoir d’achat » n’a été prononcée…

Je le regrette. L’extension de la prime d’activité aux travailleurs a bien été
confirmée. Ce n’est donc pas une nouvelle. Si l’on avait voulu que cette mesure soit complète, j’aurais souhaité qu’elle soit étendue aux étudiants salariés et aux apprentis. Quand un gouvernement de gauche arrive au pouvoir, il doit assumer qu’il a été élu afin d’améliorer le pouvoir d’achat. On ne peut pas laisser les étudiants en dehors de ce dispositif. C’est une question de justice et d’égalité.

Au final, restez-vous sur votre faim ?

Les grandes décisions économiques du quinquennat n’ont pas toutes été prises. Certains à gauche pensent que l’essentiel a été fait. Je pense l’inverse : l’essentiel reste à faire. Cette émission n’a pas épuisé tous les débats au sein de la gauche. Bien au contraire…