Il ne sort rien de bon de la division syndicale. Edito de la Gauche Durable #4

Il ne sort rien de bon de la division syndicale

Défilés séparés, 1er mai atomisé : ce n’est pas exceptionnel. Mais cette année, la division syndicale a dominé la journée de mobilisation. Syndicats "réformistes" d’un côté, syndicats "de combat" de l’autre. Cette fracture qui fait écho à l’éloignement de la gauche radicale de la gauche de gouvernement est terriblement régressive.

L’arrivée de la gauche au pouvoir n’était pas censée produire mécaniquement de l’unité syndicale, encore moins la fin des différences qui identifient les principales organisations. Pour autant, on pouvait se prendre à souhaiter – à rêver ? – qu’une large coalition sociale accompagne, stimule, inspire le nouveau cycle politique.

La conférence sociale de septembre 2012 a dessiné un vaste programme de travail, appelant à des réformes et ne laissant de coté aucune question essentielle. Puis, l’accord sur les contrats de génération illustra la méthode des compromis possibles. Mais très vite, l’accord national interprofessionnel sur l’emploi provoque un fossé dont il est difficile pour le mouvement syndical de se remettre.

Fin (provisoire) de la pièce : le 1er mai en désordre ressemble à un gâchis. Ce n’était pas inévitable, ce n’est pas irréversible.

Si l’on considère que le temps des cortèges séparés, des concurrences et des compétitions d’appareil n’est plus de mise par temps de crise.

Si l’on pressent que des millions de chômeurs, de précaires et de salariés en insécurité goûtent peu l’impuissance à dégager des solutions acceptables.

Si l’on sait, du côté de la gauche de gouvernement, qu’il y a un enjeu à ne pas laisser dériver la moitié du syndicalisme des salariés hors du pacte social à construire.

Nous ne gagnerons pas la bataille politique sans un soutien largement majoritaire des salariés aux réformes urgentes, et donc sans un solide dialogue social. Avec des accords et des échecs. La proportion des uns et des autres n’est pas indifférente !

Ne soyons pas naïfs. Dans trois épreuves qui s’approchent, la loi d’amnistie, l’introduction de la démocratie sociale dans la Constitution, la réforme des retraites, le front syndical a peu de chances de se cimenter par magie. Ce serait un bien mauvais calcul que de croire que la division syndicale permettrait de jouer habilement tantôt des uns, tantôt des autres. C’est l’inverse. Il est beaucoup plus difficile de transformer et réformer face à un paysage syndical désuni, qu’en s’appuyant sur un mouvement social fort. Ce que nous ne devons jamais perdre de vue.

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