Frondeurs du PS : « ni une scission ni une opposition interne » : mon interview pour Sud Ouest

« Sud Ouest ». 26 % des Français préféreraient voir Manuel Valls représenter le PS en 2017. Est-ce un désaveu de plus pour François Hollande ?

Christian Paul. Ça confirme surtout la nécessité d’un sursaut collectif. Personne ne doit nier l’affaiblissement politique né de deux défaites électorales majeures. En même temps, lancer, trois ans avant, une course vers la présidentielle serait dangereux pour le pays.

Néanmoins, les municipales et les européennes ont incité des dizaines de parlementaires socialistes à considérer qu’il faut peser dans le débat et sur les votes à venir.

Dès lors, doit-on parler d’une opposition de gauche à propos de ce collectif, L’Appel des 100 ?

Ce n’est ni une scission ni une opposition interne. Ces députés du groupe socialiste ne souhaitent pas en partir. Ils considèrent qu’on est dans un moment exceptionnel : un parti d’extrême droite en tête à une élection nationale sous un gouvernement de gauche, c’est sans précédent. Notre objectif, c’est d’être majoritaire dans notre groupe, et à court terme de réorienter la politique. Les gouvernements de la Ve République ont toujours considéré que la majorité était solidaire sans condition, aujourd’hui nous sommes solidaires mais nous posons des conditions : des conditions pour la réussite de la France.

Que comptez-vous proposer ?

Nous devons trouver le bon équilibre entre le soutien aux entreprises - qui est indispensable - et le soutien au pouvoir d’achat - qui est une des façons de relancer la croissance. Sur ce point, nous proposerons l’abandon du gel des prestations sociales.

Pourtant, rien n’indique que le gouvernement va céder…

Nous ne faisons pas du gouvernement le bouc émissaire de toutes les difficultés, mais l’essentiel des 50 milliards d’euros d’économies va aller au soutien aux entreprises par des baisses de prélèvements et d’impôts que l’on va financer par des pertes de pouvoir d’achat. Là, nous disons : ça suffit !

En ciblant mieux l’aide aux entreprises à celles qui veulent investir, embaucher ou former leurs salariés, nous pourrions gagner presque 6 milliards d’euros, ce qui éviterait la casse sociale. C’est ce que nous proposerons la semaine prochaine.

Êtes-vous prêt à risquer une dissolution ?

Je n’ai jamais cru à la menace d’une dissolution car je considère qu’il y a encore d’énormes marges de progression, à la fois dans le dialogue politique avec le gouvernement et dans les choix concrets qui doivent être faits.

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