Dans la même rubrique


Être à la hauteur du courage du peuple grec : la France doit exiger la restructuration de la dette grecque

Ce 5 juillet, avec une participation importante et une large majorité pour le "Non" aux propositions des créanciers, le peuple grec a parlé et son choix doit être désormais entendu, compris et respecté.

En refusant de céder aux menaces, au découragement et à la peur, le peuple grec a une nouvelle fois donné une magnifique leçon de courage et de démocratie, face aux menaces des libéraux et au chantage des donneurs de leçons.

Hier, les Grecs ont dit non à la poursuite des politiques d’austérité appliquées depuis 5 ans. Ils ont dit non au rétablissement du système censitaire où seul le créancier décide pour le plus grand nombre. L’impuissance ressentie face à la Troïka aurait pu mettre en péril l’adhésion des Grecs au projet européen. Il n’en est rien. Ce non à une Europe des riches est un oui à une Europe juste et solidaire, qui doit sans plus tarder réfléchir à un nouveau contrat économique et social avec ses 500 millions de citoyens.

Aussi, nous appelons les dirigeants de la zone euro et l’ensemble des créanciers de la Grèce à sortir du déni : malgré la réduction du déficit, la dette a explosé car la Grèce a vu son PIB diminuer d’un tiers. C’est là le résultat d’une politique économique d’austérité absurde et mortifère qui n’a profité à personne.

Un seul constat s’impose : la dette souveraine grecque n’est pas soutenable, il faut la restructurer.

Nous appelons les chefs d’État et de gouvernement européen, les représentants de la Commission européenne, de la Banque Centrale et du Fonds Monétaire International à engager dès maintenant les négociations, sur la dette comme sur la relance de l’économie grecque.

Parce qu’elle est l’une des plus importantes puissances économiques et politiques en Europe, parce qu’elle est dirigée par un gouvernement socialiste, parce que celui-ci s’est engagé pour une réorientation de l’Europe, la France est très attendue.

Face à l’Allemagne, elle ne doit pas tergiverser. François Hollande — mais également l’ensemble des représentants de la social-démocratie européenne — doit appeler au maintien de la Grèce dans la zone euro et à une restructuration de sa dette. Il montrera ainsi que l’eurozone et l’UE peuvent avoir un visage social au-delà du simple rôle bancaire et économique dans lequel souhaitent les enfermer les libéraux et les conservateurs.

François Hollande dispose aujourd’hui d’une nouvelle occasion pour renouer avec le fil des engagements pris devant les Français en se portant publiquement garant de l’intégrité de la zone euro, de sa dimension politique et démocratique, à bâtir, en proposant à nos partenaires un chemin différent de celui emprunté en Europe ces dernières années.

Ce 5 juillet, la démocratie et la souveraineté populaire ont été les plus fortes. C’est, pour l’avenir, à l’échelle de l’Europe qu’il faut oser la démocratie.