En réponse à Christophe Barbier, Alain Duhamel et à quelques autres éditorialistes.

Le débat qui anime ces jours-ci les socialistes n’est pas médiocre. Donnons-lui sa chance !
Il s’agit ni plus ni moins de la politique économique de la France, du risque de déflation en Europe, du pouvoir d’achat de nos concitoyens et, excusez du peu, du bon chemin pour le redressement du pays.
À cela, il est répondu par des chroniques et éditoriaux trop rapides que ce serait jeux stériles et agitations sans lendemain.
À un moment de choix majeurs face à de profondes et structurelles difficultés, j’ai une autre idée de notre République, du rôle des pouvoirs et des rapports entre eux. Le Parlement de la Vème peut faire mieux et apporter beaucoup, en transformant sa pratique à défaut de changer de constitution. Nous exerçons notre part de la souveraineté et, sans emphase, cela nous donne des devoirs et des droits.
Les Français exigent une démocratie vivante, et se désolent de l’impuissance de la puissance publique. Nous aussi, et nous pensons qu’à un Gouvernement plus énergique qui s’élance doit répondre le temps d’un Parlement plus audacieux. L’un renforce l’autre.
Les Français demandent de l’efficacité. Ça tombe bien, l’Appel des 100 se place, pour une part, sur ce terrain-là.
Les Français veulent être représentés par des élus qui connaissent la réalité de la société et des territoires. Nous sommes, pour beaucoup d’entre nous, immergés au moins quatre jours chaque semaine dans des circonscriptions dont la diversité raconte la vérité de notre pays.
Oui, nous pointons du doigt, et pas seulement depuis les élections municipales, le poids de la pensée technocratique, la routine du pouvoir et la paresse des solutions toutes faites.
Oui, nous savons jusqu’où aller, sans faciliter la revanche de la droite, pour faire entendre au Parlement des solutions alternatives. Sans rien casser, sans rien céder, de l’essentiel. On peut seulement s’étonner que cela surprenne dans la démocratie française.
Nous prenons notre risque de donner à voir une majorité animée, mais pas déchirée, des députés moteurs, mais pas frondeurs, des votes confiants, mais d’abord exigeants et, s’il le fallait, la force de dire non.
Des propositions solides viennent de différents horizons pour éclairer le programme d’économies, son volume et son contenu. Elles s’appuient sur des analyses sérieuses d’économistes, mais il nous arrive aussi de réfléchir !
Nous ne donnons pas dans le simulacre : si ce programme n’est pas revu, pour beaucoup, nous ne l’approuverons pas.
Aussi, ne nous reprochez pas de vouloir être à la hauteur de notre tâche. Si nous avons, les uns et les autres, une haute idée de la politique, il vous revient alors de ne pas balayer trop vite des idées et des convictions que suivront des actes de courage.