DES MESURES CONCRÈTES POUR L’ÉLEVAGE BOVIN DANS LA NIÈVRE ET EN BOURGOGNE

A la suite de rencontres récentes avec les organisations professionnelles agricoles, un groupe de parlementaires a rencontré, mardi 9 décembre, le cabinet du Ministre de l’Agriculture pour évoquer la situation de la filière élevage bovins viande.

Anne Emery-Dumas et Christian Paul pour la Nièvre, Philippe Baumel pour la Saône et Loire, ont rappelé la situation préoccupante du bassin allaitant bourguignon : baisse des cours et des prix à la production qui entraîne une très grande fragilisation des exploitations, instabilité des marchés, notamment des marchés à l’export, et nécessité de trouver de nouveaux débouchés pour la filière.

Avec leurs interlocuteurs, très sensibilisés aux difficultés de l’élevage bovin, ils ont évoqué les mesures déjà prises dans le cadre de la PAC. Si les enveloppes budgétaires ont pu être préservées, il est essentiel de voir très concrètement dans chaque département comment se déroule la mise en œuvre des nouveaux règlements.
Le Ministère a apporté des réponses précises dans trois domaines, évoqués par les parlementaires :

• Le développement des exportations : les services des Ministères des Affaires Étrangères et de l’Agriculture se sont mobilisés avec les professionnels pour identifier les marchés à l’export et concentrer leurs efforts pour lever les barrières et ouvrir de nouveaux marchés. D’ores et déjà, après la réouverture des marchés algériens pour les bovins vivants en octobre, la Russie vient de rouvrir son marché sur les bovins vivants européens ainsi que sur les abats, graisses et farines à base de viande. Le marché des broutards légers avec la Turquie se consolide. Le développement de l’export va de pair avec une adaptation des modes de production traditionnels de notre bassin allaitant, pour répondre à une demande de plus en plus orientée vers des animaux plus légers. L’évolution de la filière devra être accompagnée dans cette adaptation.

• Les zones vulnérables : la France conteste la directive nitrates pour l’avenir et modifie les critères d’eutrophisation qui avaient été retenus pour le premier projet de carte de zones vulnérables publié cet été. Le découpage définitif qui sera validé par la commission européenne fin décembre se base sur un découpage hydrographique, et non plus géographique, ce qui réduira très sensiblement les zones et les exploitations concernées par l’application de la directive. Dans les zones restantes, les délais de mise aux normes seront allongés et les investissements les plus légers et les moins coûteux seront privilégiés.

• Le développement de l’approvisionnement local et de qualité dans la restauration collective : cette perspective de nouveaux débouchés pour la filière rencontre l’attente des français désireux de connaître l’origine des produits alimentaires qu’ils consomment, leur mode de production et d’avoir des garanties de qualité. Le Ministre vient d’adresser un guide pratique très complet à l’usage des gestionnaires locaux pour leur donner les outils juridiques permettant de favoriser le recours à l’approvisionnement local dans la restauration collective.

Pour réussir, cette démarche doit être largement relayée au plan local et les parlementaires bourguignons demandent d’ores et déjà que soient organisées, au plus tôt, des réunions de travail et d’information avec les responsables de la commande publique et les professionnels de la filière viande pour permettre la mise en œuvre effective de l’approvisionnement local dans la restauration hors domicile.

Anne EMERY-DUMAS, sénatrice de la Nièvre
Christian PAUL, député de la Nièvre
Philippe BAUMEL, député de Saône et Loire