Accordons l’asile politique à Edward Snowden : Audition de l’appel lancé par L’express par le groupe d’étude Internet et société numérique

Dans le cadre du groupe d’études Internet de l’Assemblée Nationale, que je copréside avec le député Patrick Martin-Lalande, nous avons rencontré ce matin les signataires de l’Appel réclamant l’attribution de l’asile politique à Edward Snowden, en présence d’autres collègues parlementaires.

Cette rencontre avait pour but de constituer un relais politique et symbolique au sein du Parlement Français à la cause portée par l’Appel, qui à ce jour a récolté plus de 160 000 signatures au sein de la société civile. Edward Snowden, inculpé d’espionnage par la justice américaine pour avoir mis à jour les pratiques d’écoutes de la NSA, est considéré à plus d’un titre comme un « combattant pour la liberté ». La réflexion qu’il a initiée sur la surveillance des données privées et publiques dans les démocraties contemporaines, est salutaire et porte déjà ses fruits.

La demande d’asile constitutionnel permettrait à Edward Snowden d’être accueilli sur le territoire français pour une durée indéterminée. Dans le cas où celle-ci serait acceptée, la France manifesterait sa volonté de peser sur les enjeux internationaux contemporains. Elle porterait la « voix des Lumières », dans un contexte international où l’exercice des libertés publiques est souvent remis en cause.

Les signataires ont par ailleurs rappelé l’insuffisance actuelle de la réflexion sur la régulation du net et de la surveillance des données privées à des fins de sécurité publique, notamment, de lutte contre le terrorisme. Où commence la raison d’Etat et comment protéger la vie privée à l’heure numérique ? Comment développer et accompagner une prise de conscience collective sur les enjeux de la surveillance et de la liberté d’expression et de désobéissance civile sur le net ? Telles sont les problématiques qui furent soulevées et que nous devrons poursuivre au cours des semaines et des mois à venir.

Dans une perspective plus immédiate, notre collègue, Laurence Dumont, a renouvelé son souhait de poser une question au gouvernement sur les suites de l’Affaire Snowden et sur l’attribution de l’asile politique. Les signataires ont enfin rappelé la nécessité de poursuivre les échanges et le dialogue entre parlementaires, personnalités et membres de la société civile autour de cette question essentielle pour la démocratie française, européenne et l’équilibre international.