A la reconquête du modèle social français. Edito de la Gauche Durable #9

Réforme des retraites, financement de la Sécurité sociale, loi sur le vieillissement et l’autonomie… A chaque pas, la gauche française doit faire la démonstration que, par temps de crise, il y a encore des progrès possibles et des droits sociaux à conquérir, aux côtés des réformes « sociétales » également indispensables.

La gauche ne sera durable que si elle confronte le principe d’égalité au réel, pour transformer positivement les protections collectives. A la veille de la grande négociation sur les retraites, le gouvernement ne dit pas autre chose. Nous l’aiderons à incarner, dans cette réforme, des idées fortes.

En matière de retraites, comme en bien d’autres domaines, il ne s’agit pas simplement de « défendre » le modèle social français, comme s’il n’était pas à la fois inachevé et dégradé.

Inachevé, c’est l’évidence. Jamais la pénibilité des carrières n’a été sérieusement prise en compte. Nous ne devons pas faire l’impasse.

Dégradé, c’est visible. La paupérisation d’une partie des retraités est manifeste (quand bien même d’autres parmi eux parviennent à aider leurs enfants ou petits-enfants).

Les efforts en matière de financement ne seront acceptables que si les efforts de justice sont concrets et substantiels. Pénibilité, égalité femme-homme, prise en compte des parcours interrompus, augmentation des retraites les plus faibles…doivent s’inscrire dans le temps, mais fermement. Car là réside notre différence.

Voilà pourquoi nous voulons pour ce temps de réforme, bannir la résignation, et plus encore le renoncement. Nous parlerons plutôt de conquête. Cela vaut pour les retraites, mais aussi pour l’assurance-maladie. Les inégalités d’accès aux soins, financières et géographiques, sont devenues si criantes qu’il faut parler, là aussi, de combat contre la régression.

Ce débat entre réforme et réalisme, Pierre Mauroy, plus que d’autres, en avait connu la dureté et la tension. Il nous appartient aujourd’hui, comme en hommage, à travailler pour réhabiliter le mot de réforme en lui donnant les couleurs du progrès social.